Friday, September 15, 2017

4 conseils pour une rentrée en douceur




Me revoilà et comme chaque année à cette période, c’est le cœur lourd que j’ai troqué mes tongs contre des escarpins (devrais-je dire des bottes fourrées ?) et mon paréo contre mon perfecto.
(Oui, je fais un billet spécial rentrée le 15 septembre et je l'illustre avec une photo de vacances, je crois que je suis dans le déni).
Fini les grasse mat’, les petits déj’ tardifs, les déjeuners qui empiètent sur l’heure du goûter et les diners à l’heure espagnole. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement je lutte pour me remettre dans le rythme effréné de la rentrée, qui semble s’être donné pour mot d’ordre de me coller un burn out dès la fin septembre.

Du coup, je me suis penchée sur un plan d’attaque à prendre à mi-parcours cette année, à anticiper la suivante.  

1/ On se remet doucement dans le rythme

Idéalement, la reprise se prépare quelques jours à l’avance : pour ne pas brusquer notre organisme, il faut prévoir au moins une journée par heure de décalage, deux étant l’idéal (dans un monde où les congés poussent dans les arbres). Ainsi, si on avait pris l’habitude d’émerger doucement à 10h en vacances et que notre réveil est programmé pour 7 heures le jour de la reprise, il nous faut au moins 3 jours pour se recaler, voire 6 soyons fous. Nous pourrons ainsi avancer progressivement l’heure du coucher et de notre réveil pour le rendre moins douloureux.
Mais ça, c’est quand même de la jolie théorie car qui a envie d’aller se coucher à 21h le dernier jour des vacances, quand on a plutôt envie de noyer son chagrin dans l’alcool ? (pas moi)

Si le cap est passé et qu’on n’a pas eu le temps, ou l'envie, d’appliquer ce conseil (moi donc), il n’est pas trop tard pour rectifier le tir. Le plus important étant de retrouver un sommeil réparateur pour faire face aux journées bien remplies : le soir, on laisse tomber Game Of throne et on se met au lit tôt (le sommeil le plus réparateur est celui d’avant minuit) avec un bon bouquin (A la recherche du temps perdu marche mieux que Shining) pour se blottir dans les bras de Morphée, et on dort sans source lumineuse dans une pièce aérée.
Le matin, on met son réveil 15 minutes avant l’horaire habituel (et on oublie le bouton snooze du téléphone) pour prendre le temps de se préparer sans stress, voire de faire une petite séance d’étirement, de méditation ou de squats/fentes/planche pour les plus téméraire : rien de tel pour se mettre en forme.

2/ On oublie les excès estivaux (jusqu’à l’année prochaine)

La mayo sur les bulots, les tartines de beurre salé avec les huîtres, les viennoiseries du petit dej, les apéros à répétition, le rosé en excès, les glaces et crêpes à outrance semblent avoir eu raison de notre silhouette. La preuve : alors que notre jean nous allait parfaitement en juin, il nous va toujours en septembre, à conditions de rester en apnée toute la journée.
Une petite cure de vert ne nous fera pas de mal : exit les sucres raffinés et les graisses cachées, on cuisine des aliments frais, on abuse des fruits et légumes, on mise sur les féculents à index glycémique bas, les viandes maigres et le poisson et on limite l’alcool. On préfère les huiles végétales au beurre et à la crème, et on les utilise avec parcimonie.
Quelques semaines à ce régime et on pourra de nouveau respirer dans notre jean.

3/ Mais on garde quelques bonnes habitudes de vacances

Parce que, qui dit rentrée ne devrait pas forcément dire retour du stress et de la nervosité !
Certes, nous avons moins de temps pour buller, rêvasser et se dépenser, mais ça n’est pas une raison. Prenons-soin de nous en prévoyant des activités physiques zenifiantes tels que le yoga ou le Pilates qui sont d’excellents anti-stress. Pour les hyperactifs qui s’ennuient sur un tapis, le running, le vélo ou la natation sont de parfaits exutoires.
Mais tout sport est bon à prendre, car il permet la sécrétion de la célèbre hormone du bien-être : l’endorphine, plus efficace que le prozac.
Pour les plus anxieux : la méditation n’a plus à faire ses preuves dans la quête du bien-être. Une séance quotidienne de 10 minutes chez soi a des effets relaxants aussi puissants qu’une promenade au bord de la mer (si si)!

4/ On fait une cure de vitamines et de minéraux

… sous leur forme naturelle bien entendu !
Septembre/octobre est la pleine saison des choux (blanc, rouge, frisé, chinois et de bruxelles), champions pour leur teneur en flavonoïdes et antioxydants. C’est aussi le grand retour des cucurbitacées orange (potiron, potimarron, citrouilles) connus pour leur richesse en bêtacarotène, qui nous aideront à prolonger notre teint hâlé quelques précieuses semaines de plus.
Côté fruit : mirabelles,  quetsche, prunes et reines Claude sont les stars des étales et on en abuse pour refaire le plein de minéraux et d’oligo-éléments. On n’oublie pas les kiwis et leur formidable concentration en vitamine C, indispensable pour être en forme et se protéger des petits virus automnaux.
Octobre est enfin le mois des oléagineux : noix, noisettes et amandes fraîches excellent par leur teneur en magnésium et en acides gras essentiels. A consommer tels quels en collation (une poignée pas plus !), ou à concasser dans une salade ou un crumble salé.

Besos todos





Thursday, July 27, 2017

Les aliments coupe-faim



Comme mes followers Facebook le savent, j’ai été récemment sollicitée par une journaliste de France 2 pour participer à un petit reportage sur le thème des aliments coupe-faim, diffusé au Journal de 13h ce jeudi. 

Et comme souvent quand je me prête à ce type d’exercice, je suis un peu déçue de voir que ma peau brille comme une boule à facette qu’après 2 heures de tournage, il ne reste que 2 minutes au montage avec des morceaux choisis qui n’auraient sans doutes pas été les miens mais j’ai aussi bien conscience qu’on ne va pas passer les ¾ du JT à débattre sur « que manger quand notre ventre crie famine ».

Du coup, comme je trouve le sujet intéressant et que je suis frustrée d’avoir dit plein de trucs bons à savoir qui ont fini dans la corbeille virtuelle du monteur, je vous les remets ici :

Pourquoi avons-nous faim ?

Deux choses contribuent à provoquer la sensation de faim : 

- l’aspect mécanique : ventre vide (gargouillis, crampes)

- l’aspect physiologique : glycémie (taux de sucre dans le sang) dans les choux. Le sucre étant le carburant des muscles et du cerveau, et dès lors que notre réserve sanguine est épuisée, notre corps nous le fait savoir en nous envoyant tout un panel de symptômes désagréables (fatigue, faiblesse, vertiges …)

Il y a donc 2 façons d’éviter la faim :

-          La prévenir avec des aliments à index glycémique bas (= qui font monter la glycémie doucement et durablement)
-          La calmer avec des aliments à faible densité calorique : peu de calories pour un volume conséquent, afin de remplir l’estomac et de tromper la faim en attendant le repas suivant.

Les aliments à IG bas :

Ce sont des féculents qu’il est indispensable d’avoir à chaque repas principaux pour éviter la fringale 2 heures après. Mais tous les féculents ne sont pas logés à la même enseigne de l’index glycémique.
On privilégie donc :

  •          Les féculents complets (riz complet ou sauvage, pâtes complètes, quinoa, blé, boulgour …)
  •          Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges, pois cassés …)
  •           Les pommes de terre à la vapeur, la patate douce
  •           La cuisson al dente (plus la cuisson est prolongée, plus d’index glycémique augmente)
  •           L’avoine ou le muesli sans sucre ajouté
  •           Le pain complet ou aux céréales ou au son


A l’inverse, on évite tout ce qui est grillé, soufflé et croustillant, puisque la cuisson au four à haute température a pour effet d’augmenter considérablement l’index glycémique des aliments. On oublie donc les céréales soufflées même non sucrées (corn flakes …), les biscottes, galettes de riz soufflé et autres pains grillés suédois qui font monter la glycémie en flèche avec une hypoglycémie réactionnelle  à la clé (= FAIM again).

Les aliments rassasiants à faible densité calorique :

  •          Les fruits, notamment les plus riches en fibres (pectine) : pomme power !
  •          Les laitages : fromage blanc de préférence, plus riche en protéines donc plus rassasiant. Entre le 0% (insipide) et le entier (8% de MG : très gras), on trouve le compromis parfait avec le 3% de MG, bon mais pas trop gras. L’astuce d’y ajouter une cuillère de graines de Chia est efficace : elles triplent de volumes et deviennent visqueuses (miam) au contact de l’eau, effet satiétogène garanti !
  •       Les aliments protidiques maigres : jambon, thon en boite au naturel et surtout œufs (c’est en les consommant durs qu’ils sont le plus rassasiants). Les protéines sont lentement digérées et restent donc longtemps dans l’estomac, nous évitant le retour de faim précoce.

Mise au point sur les amandes

On l’entend partout « les amandes sont la solution parfaite en cas de fringale, l’encas minceur par excellence ».
Je voudrais donc rendre à César tout ce qui lui appartient : les amandes ça coupe la faim certes, mais vue leur valeur calorique c’est la moindre des choses ! 

634 calories au 100g et presque 60% de lipides : c’est un des aliments à la densité calorique la plus élevée. 

Une belle poignée d’amande c’est donc quasiment 150 calories, avec deux poignées on dépasse la valeur calorique d’un Bounty ou d’un Snickers. Attention, je ne mets pas les amandes sur le même plan que les barres chocolatées, les premières étant riches en graisses insaturées cardio-protectrices et les seconds étant riches en … sucre et graisses saturées (celles qui font rien que boucher nos artères), il est bien évident qu’à choisir les amandes sont bien plus intéressantes pour la santé. Mais pour la ligne, c’est pareil. 

Alors grignoter une petite 10 aine d’amandes en cas de fringales, si on n’est sûr de ne pas terminer le paquet de 100g pourquoi pas, mais de là à l’ériger en coupe faim minceur/miracle, non.


Besos todos !

Monday, July 17, 2017

Summer Time !



Me revoilà, après un peu plus d'un mois sans nouvelles durant lequel j’ai bossé pas mal puisque j’écris désormais pour deux chouettes webzines : A consommer de préférences et The Small issue rubrique food-enfants. Je n’ai pas l’intention de délaisser Les frites Vertes pour autant bien sûr, mais tout cela nécessite un petit temps de rodage.

A côté de ça, les vacances ont déjà un peu commencé puisque je reviens d’une petite escapade familiale en Crête avec au programme plage/moussaka/plage/tzatziki/plage/salade crétoise (et rosé ça va sans dire) : c’est peu de dire que j’ai adoré la gastronomie locale, plus encore que les baignades dans la méditerranée que j’ai trouvée trop chaude (elle est dure ma vie non ?), moi adepte de l’océan atlantique.

A part ça, je me réjouis de cette « nouvelle » tendance sur les réseaux sociaux, qui consiste à s’aimer et se montrer sans fards, même si on n’est pas gaulées comme Gwineth ou Gisele. Vive les hashtags #bopo (= body positive) #HipDips (poignées d’amour et culotte de cheval power) ou encore #cellulitesaturday (qui se passe d'explication).

Et vive la diversité des corps, les filles bien dans leur peau et les regards bienveillants !

Je ne vous quitte pas sans vous confier ces quelques petits mantras estivaux, toujours bons à prendre :

  •          On profite des vacances pour se recaler avec ses sensations alimentaires, quitte à vivre à l’heure espagnole : attendez d’avoir faim pour manger !
  •          On prend le temps de manger et de savourer, en mâchant bien et sans se presser (hashtag slowlife)
  •          On mange simple : on laisse tomber les fourneaux, les plats mijotés et les recettes à rallonge et on privilégie les produits frais et de saisons, grillés ou poêlés ou en crus en salade
  •       On sort la plancha pour des repas simples, conviviaux et peu gras, et on met plein de légumes d’été dessus (courgettes, aubergines, poivrons, rondelles d’oignons…)
  •           On abuse des fruits d’été : melon, pêches, brugnons, pastèque, abricots …
  •          On évite les chichis et chouchous des vendeurs ambulants, quitte à emporter (dans l'inévitable cabas en osier summer 2017) des fruits, barre de céréales ou même des biscuits simples (petits beurres, thé, petits brun …)  bien moins traîtres mais sympas quand même pour calmer la fringale post-bain de mer
  •          On ne bannie pas l’apéro (c’est les vacances ou pas ?) mais on limite les dégâts caloriques : oui aux fruits de mer (crevettes, bulots, bigorneaux), aux olives, aux bâtonnets de crudités à dipser dans des sauces maisons, aux bretzels et au jambon de pays, mais on laisse aux copains les cacahuètes, saucissons et chips. On préfère le rosé (piscine c'est encore mieux!), le blanc sec, le rouge ou le champagne aux cocktails qui cumulent alcool et sucre
  •     On boit beaucoup : eau plate, gazeuse, citronnée, aromatisée, thés glacés, soda light de temps en temps ... essentiel pour se réhydrater en cas de forte chaleur. Par ailleurs, il est courant de confondre la soif avec de la faim, alors inutile de craquer pour un magnum glacé quand un Perrier rondelle aurait fait le job
  •      On se fait plaisir ! Une grosse envie de tarte tropézienne, de Kouign-amann ou d'entrecôte/frites : tant que vous mangez avec appétit et plaisir, il n'y a pas d'interdit. Attendez que la faim revienne pour manger au repas suivant, quitte à le décaler (voire le sauter). 
  •          Bougez ! Brasses dans la mer/piscine, beach-volley, sports nautiques, vélo, rando … tout est bon à prendre (et pas incompatible avec des vacances glandouille farniente, l'idée n'étant pas de ressembler à Kayla mais de rester en forme et se sentir bien) 


Bel été à tous, et je repasserais par-là de temps en temps, vous poster une recette ou deux :) 


Besos todos 

scandale, mon verre est vide




Monday, June 5, 2017

Le houmous de belle-maman (recette inside)



De retour de weekend annécien en visite chez mes beaux-parents (remember La bombine), j’ai cette fois ramené dans mon cabas une petite recette simple, fraîche et bien de saison : le houmous.
Rien de révolutionnaire me direz-vous, mais les choses les plus simples ne sont-elles pas souvent les meilleures ? 


Pour ma part, dès l'arrivée des beaux jours, je n’aime rien tant que les grandes assiettes froides, associant les préparations façon mezzés : un peu de houmous + un peu de caviar d’aubergines + un peu de poivrons marinés + un peu de taboulé (à la libanaise) = beaucoup de bonheur dans mes papilles.
Et c’est  précisément ce que nous avait préparé ma belle-maman pour notre arrivée, aleluya-triple-salto-prosternation.

Tout étant bien sûr confectionné par ses soins, avec des produits frais en direct du marché d’Annecy et de son petit producteur bio.

Si tout brillait par ses saveurs, c’est de l’houmous dont je vais vous parler aujourd’hui car je l’ai découvert sous un jour nouveau. Non pas que je n’aimais pas le houmous jusqu’à présent, mais il n’était pas en tête de mes mezzés favoris, largement détrônés par les caviar d’aubergines, tzatziki ou autres tapenades. Je le trouvais un peu pâteux, étouffe-chrétien et moins raffiné que ses voisins.
Il faut croire que je n’en avais jamais mangé de vraiment bon, car celui-ci était léger en bouche, très fin et particulièrement savoureux. 

Alors pourquoi une telle différence ? 
Je suis partie en quête de LA recette que Françoise m’a livrée de bon cœur.

Cinq ingrédients seulement sont la clé de cette recette :

-         Une boite de pois chiche (ici 250 g égoutté)
-         Du tahiné (purée de sésame) : 2 cuillères à soupes
-          3 gousses d’ail si c’est du frais (une seule si c’est du sec)
-          Le jus d’un citron
-          1 filet d’huile d’olive

 Et c’est là que je vous livre l’étape secrète, celle qui fait que cet houmous sort du lot : il faut éplucher les pois chiches. Un par un. Non, ne partez pas en courant, c’est presque vite fait (et surtout ça vaut le coup).
L’astuce pour que le pois chiche se laisse déshabiller d’un coup de doigt agile ?  L’ébouillanter 3 minutes (comme les tomates). Une fois blanchi, passez-les sous un jet d’eau froide et la peau se décolle (presque) toute seule : à deux nous avons mis à peine 5 minutes à éplucher le contenu du bocal.

Double avantage de l’épluchage du pois-chiche : un houmous beaucoup plus fin et léger, mais aussi un houmous bien plus digeste. C’est effectivement la peau des légumineuses qui les rend difficiles à digérer et qui provoque des ballonnements et des gaz chez les intestins sensibles.

Une fois les pois chiches dénudés, il suffit de les mixer avec l’ail, le tahiné, le jus de citron et le filet d’huile d’olive.

Deuxième astuce : ajustez avec l’eau de cuisson du pois chiche pour obtenir la consistance souhaitée.
Personnellement je pense qu’un bon houmous ne doit pas être trop épais (sachant qu’il épaissira au frais), et nous avons donc ajouté l’équivalent de 3 cuillères à soupe de liquide pour obtenir LA bonne texture.

Ajoutez pour finir une belle pincée de sel et placez au réfrigérateur pendant au moins une heure avant de servir, un bon houmous se doit d’être bien frais.

Nutritionnellement parlant ça donne quoi ?

L’houmous est une recette relativement énergétique puisqu’il marie des glucides complexes et de la purée d’oléagineux pour titrer presque 300 calories aux 100 g.
Mais, comme toujours, il faut ramener cette valeur aux quantités consommées, et l’houmous se mange en petite quantité. Ainsi, trois belles cuillères à soupe dans votre assiette apportent environ 150 calories, rien d’exceptionnel donc.
C’est par ailleurs un plat très sain, puisque les pois chiches ont un index glycémique bas (pas de pic de glycémie = pas de sécrétion d’insuline = bon rassasiement et moins de stockage des graisses) et le sésame est un oléagineux riche en acides gras poly et mono insaturés, à savoir des graisses cardio protectrices.

Enfin, pour tous les veggies : l’association céréales/légumineuses rendant les protéines végétales aussi bien assimilées que les protéines animales, vous aurez le combo parfait avec les alliances pain/houmous ou encore taboulé/houmous (je trouve personnellement la dernière association divine).

buen provecho y besos todos






Thursday, May 18, 2017

La loi mannequin enfin appliquée



Elle fait parler d'elle depuis 2015, date à laquelle le gouvernement a proposé cette fameuse loi visant à interdire aux agences de recruter des mannequins dénutries (j’en parlais à l’époque ici).

Alerté par des modèles toujours plus maigres, et une recrudescence des troubles alimentaires chez les jeunes filles (deuxième cause de mortalité chez les 12-24 ans), le gouvernement a finalement obtenu gain de cause au début du mois de mai, puisque deux décrets sur la loi mannequin ont été enfin publiés au journal officiel, 1 ans et demi après qu’ils aient été votés.

Cela sonne t’il le glas de l’apologie de la maigreur ? Rien n’est moins sûr malheureusement. 
Petit décryptage :

Quels sont ces deux décrets ?

Le premier oblige la mention « photo retouchée » sur toute photo à usage commercial, dès lors qu’elle aura subi une modification à l’aide d’un logiciel de retouche pour changer l’apparence corporelle du mannequin. (L'affiche du festival de cannes 2017 qui a tant fait polémique devrait par exemple porter cette mention) 

Le second oblige chaque mannequin travaillant en France, à fournir un certificat médical attestant de sa bonne santé, valable deux ans et délivré par la médecine du travail.

Pourquoi est-ce perfectible ?

D’après l’organisation mondiale de la santé (OMS), l’IMC en dessous duquel une personne est considérée comme maigre est de 18.5.
Or, la loi mannequin autorise un IMC allant jusqu’à 17, en justifiant qu’une femme peut être constitutionnellement maigre tout en étant en bonne santé.
De même qu’une personne peut avoir des troubles sévères de l’alimentation et un IMC à 19. 
Ce qui est vrai.

Alors quel est le problème (me demanderez-vous) ?

Je dirais qu’il y a deux aspects dans cette loi : tout d'abord la protection des mannequins en tant que personnes et ensuite le problème de l’image qu’elles ont sur les consommateurs, en particuliers les jeunes consommatrices qui ont tendance à s’y identifier.
Les deux sont à prendre en compte bien sûr : il est évidement important de protéger les mannequins des dérives alimentaires, provoquées par les exigences totalement aberrantes des agences. Qui n’a pas, par exemple, été profondément choqué par ce récent fait-divers, d’une agence recrutant ses mannequins à la sortie d’hôpitaux pour anorexique ?
En ce sens, ce décret est indispensable.

En revanche, concernant l’aspect de l’image déformée de la femme et ses conséquences sur les consommatrices (qui est un vrai problème de santé publique), cet IMC de 17 est beaucoup trop bas.
Qu’un mannequin  qui mesure 1m75 et pèse 52 kg (IMC de 17) soit en bonne santé ou anorexique n’est pas la vraie question (ce n’est pas marqué sur son front) dans la mesure où ça ne change en rien son extrême maigreur.

Par ailleurs, un certificat médical délivré pour une durée de deux ans part certes d’une bonne intention, mais n’est pas suffisant dans un milieu où les modèles sont souvent amenées à perdre du poids très rapidement avant un défilé.

Aussi, pour que ce décret fasse réellement avancer les choses, je pense qu'il aurait été souhaitable que l’IMC minimum des mannequins soit fixé à 18 ET qu’il soit vérifié avant chaque défilé et chaque shooting. Ce qui parait, malheureusement, difficilement réalisable en pratique.

Et même ainsi, la femme de magazine aurait des mensurations excessivement éloignées de la femme "standard" (même si je déteste ce mot) française, qui mesure 1m63 et pèse 63 kg pour un IMC à 23.4, alors pourquoi un tel écart?

Quelles solutions envisager alors ?

J’en reviens à la même conclusion que précédemment : ne serait-il pas possible d'envisager une image de la femme publicitaire plus proche de la réalité ?
Les agences ne pourraient-elles pas recruter des mannequins aussi diversifiées que la population française, avec par exemple des quotas à respecter : une majorité de femme dont l’IMC serait proche de 23, à savoir la française moyenne (sans appellation grande taille évidement), une minorité de femme à l’IMC proche de 18 et quelques mannequins grande taille (IMC proche de 30)?


Cette idée semble plus proche de la douce illusion que d'une solution envisageable, mais il ne coûte rien de l'évoquer. 
Un jour peut être ...

Besos todos


Wednesday, April 26, 2017

Pourquoi je ne crois plus aux régimes




(alerte billet fleuve mais d'utilité publique) 

Comme chaque année, l’arrivée du printemps provoque la même réaction en cascade chez le commun des mortels (surtout des mortelles de fait) : qui dit printemps dit bientôt été, dit corps dénudés, dit cellulite exposée, dit warning dans l’assiette.

L’idée ? Se délester en catastrophe des kilos accumulés entre novembre et avril (on remercie au passage le foie gras, le chapon, la bûche, la raclette, la fondue, la galette des rois, les crêpes et les œufs de pâques).

C’est la période pendant laquelle j’essaye de ne pas crier sur tous les toits mon métier, dont l'annonce suscite 99.9% du temps des réactions intéressées (je ne jette la pierre à personne, je suis la première à rebondir sur la profession des autres « ah tu es dermato ? Tu voudrais pas regarder ce grain de beauté là ? il est bizarre non ?"). 


J’ai donc souvent droit, et c'est de bonne guerre, à toute une ribambelle de questions auxquelles il est bien entendu impossible de répondre en deux mots (ni même en une heure) du genre « alors ? Qu’est-ce que je dois faire pour maigrir du coup ? » ou « il parait qu’il ne faut pas manger de pain le soir, tu confirmes ? » ou encore «si j’ai un petit creux l’après-midi, il vaut mieux que je mange une pomme ou un yaourt ? » déclinable à l’infini.

La nutrition me captive, je connais tous les aliments, leurs valeurs et intérêts nutritionnels, dès qu’un nouveau « superaliment » envahit la toile, je m’y intéresse et le goûte, j’épluche la presse diététique/minceur santé chaque jour avec intérêt, je passe souvent un temps fou au supermarché pour inspecter les nouveaux produits, les nouveaux labels, bref, je suis passionnée par mon métier.

En revanche, la diététique de l’amaigrissement, traditionnelle (établir un régime, avec des listes d’aliments, des quantités à respecter, des règles à suivre, des cases à cocher..) ne correspond plus du tout à ce que je crois, encore moins à ce que je prône. 

J’ai pratiqué ça pendant des années, parce que c’est ce qu’on nous apprend à l’école et parce que c’est ce qu’on attend de nous, diététiciens. Et je suis encore amenée à le faire parce que je suis salariée et que je n’ai pas la liberté de faire comme je l’entends. Mais j’en suis revenue.
Quinze ans de métiers m’auront fait déchanter quant à la diététique classique.

Pourquoi ? 

Parce que je me suis rendue compte qu’il était extrêmement difficile (pour ne pas dire impossible) de faire perdre du poids à quelqu’un de manière durable, en chamboulant ses habitudes et en lui imposant des règles.

- il faut faire 3 repas par jour
- ne jamais sauter de repas
- prendre un copieux petit déjeuner
- il faut 3 produits laitiers par jour
- des féculents ou du pain à chaque repas mais pas en trop grosse quantité
- pas trop de matières grasses
- mais quand même un peu d’huile d’olive parce que c’est bon pour la santé
- et deux fruits par jour pour les vitamines
- et du poisson gras deux fois par semaine pour les oméga 3
- pas trop de sucre, parce que le sucre appelle le sucre et qu’après on devient accro (vade retro satanas le sucre)
- pas trop de viande rouge parce que ça donne le cancer etc etc


Une liste de recommandations, qui semblent toutes assez fondées et cohérentes, mais qui ne laissent plus de place à la spontanéité, aux envies, au plaisir.

Doit-on : se forcer à prendre un petit déjeuner si on n’a pas faim le matin ? Manger sans appétit son yaourt à la fin du repas par peur de perdre un os ? Croquer à contrecœur dans une pomme à 4 heures parce que c’est un encas raisonnable ? Se priver de ses deux carrés de chocolat parce que le sucre c’est le mal et le remplacer par une orange qu’on mangera sans plaisir et qui nous apportera autant de calories (sans compter la tablette qu’on va s’enfiler rageusement deux semaines plus tard, quand on sera au summum de la frustration)?

Non, non et encore non.

L’organisme est un petit miracle de la nature, doté d’une « balance » interne, qui fait en sorte tout au long de la journée, de nous envoyer les bons signaux au bon moment. Cette balance interne mesure d’un côté nos dépenses caloriques, et de l’autre, contrôle nos apports. Dès qu’elle n’est pas équilibrée, elle nous le fait savoir en nous envoyant le signal de la faim ou de la satiété.

Ce qui veut dire que, si on réussit à être totalement à son écoute, et à totalement la respecter : exit les problèmes de poids. (souvent plus difficile à dire qu'à faire malheureusement)

Plus fort encore, l’organisme sait détecter nos besoins nutritionnels, nos carences et nos excès et nous le signifier : une carence en fer ? Paf, une envie de steak tartare. Une glycémie ras-les-pâquerettes ? Hop, une envie de pâtes.
Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve tout ça fascinant et je ne cesse de m'émerveiller sur le miracle de la nature qui fait si bien les choses.

J’ai toujours été surprise de constater qu’un grand nombre de patients en surpoids, me disent au cours de la consultation qu’ils n’ont jamais faim et qu’ils se forcent à manger, voire qu’ils n’aiment pas manger. Ce qui parait difficile à croire, et qui est pourtant vrai et même logique. On nous apprend à manger à heure fixe, à ne sauter aucun repas et à finir notre assiette.
On mange donc souvent sans avoir faim (= sans attendre que que la balance interne nous indique qu'on manque de calories) donc sans plaisir. Conséquence : la satiété n’arrive jamais, puisque le signal de la satiété ne peut arriver que si la faim s’est manifestée au préalable. En gros impossible de «ne plus avoir faim » si on n’a pas, d’abord, eu faim (logique). Du coup, forcément, on mange trop. Cqfd.

Par conséquent, donner à une personne qui veut perdre du poids, un régime bien balisé, avec des menus précis, des quantités à respecter et des règles à suivre … va totalement à l’encontre de ce cheminement, ne laissant pas de place à la faim, aux envies et à la spontanéité.

Donc, en gros, les régimes ça sert à rien ?

Je ne dis pas ça non plus bien sûr.
Je pense déjà, que pour une très grande partie des personnes qui souhaitent perdre du poids, le travail passera dans un premier temps à « oublier » toutes les règles diététiques et se concentrer sur son corps, réapprendre à manger par faim (et non pas parce que c’est l’heure) et à s’arrêter quand la faim décroit.

Autre point : il ne faut pas vouloir absolument maigrir en mangeant équilibré et surtout ne pas croire que manger équilibrer fait maigrir. L’équilibre alimentaire et l’amaigrissement sont deux abords de la diététique totalement dissociables : on peut maigrir en mangeant déséquilibré et grossir en mangeant parfaitement équilibré.

Il ne faut pas non plus oublier que l’équilibre alimentaire ne se fait pas sur une journée et encore moins sur un repas. Et qu’en écoutant ses envies, on finit généralement par manger selon ses besoins et donc à peu près équilibré.

S’alimenter c’est la première chose que fait le nourrisson, c’est la première tété ou le premier biberon, donné par la maman. C’est se nourrir certes, mais c’est aussi rassurant et réconfortant (et sucré).
Pour certains, le rapport à la nourriture restera toute la vie très fragile et lié à l’affect.
La consultation diététique prend alors des airs de séance psy : la nourriture n’est plus là pour combler les besoins caloriques de l’organisme, pas non plus là pour le plaisir, elle est plutôt une parade à l’anxiété, à l’ennui, au stress, à l’angoisse.
Dans ces cas-là, parfois, le régime classique sert de rempart et de garde-fou et peut aider à canaliser l’alimentation dans un premier temps.
Mais il suffit rarement.

Quant à moi, je me contenterais de rappeler mes quelques mantras à appliquer au quotidien, pour retrouver petit à petit ses sensations alimentaires et surtout le plaisir de manger sans être parasité par des règles et des diktats.

1/ Ne mangez pas sans faim
2/ Dans la mesure du possible, choisissez ce qui vous fait le plus envie
3/ Mangez lentement et en « pleine conscience », tous vos sens à l'écoute
4/ Ne vous forcez pas à terminer (votre assiette ou votre repas)
5/ Ne diabolisez aucun aliment
6/ Ne comptez pas les calories que vous mangez, faites confiance à votre balance interne
7/ Et surtout : ne soyez pas pressée de perdre du poids (erreur la plus fréquemment rencontrée).
Un poids vite perdu est un poids vite repris. Perdre rapidement c’est aller à l’encontre des signaux que nous envoient notre organisme, c’est risquer de s’affamer et de se frustrer, c’est dérégler notre balance interne bien huilée, ça ne marche pas.

Besos todos

Wednesday, April 5, 2017

Le Poke Bowl, néo Bo-bun?



A moins de vivre dans une contrée lointaine recluse et 2.0-free, vous avez forcément entendu parler du Poke Bowl. Nouvelle lubie des foodista, qui s’en sont emparés en 2016 pour en faire le nouveau it-plat, reléguant les bo-bun et autres avocado toasts au rang de has been.

Kesako ?

Non ce n’est pas une balle pour attraper les pokémon (ça c'est la pokeball), le poke bowl (prononcer Pokaï) est un plat qui nous vient tout droit d’hawaï (rien que pour ça on l’aime déjà) et qui se présente dans un bol (d’où le bowl) et contient des dés de poisson cru et marinés dans de la sauce soja, de l’huile de sésame, du vinaigre de riz et des épices - Poke en Hawaïen - à mi-chemin entre le ceviche mexicain et le shirashi mariné japonais (ma définition du bonheur).
A ce poke, disposé dans un grand bol, s’ajoute traditionnellement : des légumes et fruits (tomates, avocat, mangue), du riz et des graines. Ça, c’est la version béta.

Le Poke bowl a ensuite été détourné et twisté de mille façons par la foodosphère : épeautre, boulgour, riz sauvage venant remplacer le riz blanc, ajout d'avocat, d’oignon nouveau, d’algues, d’échalotes frites, de chou râpé, de kale, de gingembre mariné,  de pousses germées, de coriandre fraîche, bref tous les coups sont permis, du moment que c’est healthy.

Qui dit Poke bowl dit couleur, fraîcheur, croustillant et équilibre. Il est représentatif de la tendance eat-clean (manger sain) : raffiné mais rassasiant, fin mais gourmand, sain sans être frugal.

Attention tout de même à ne pas abuser des oléagineux(avocat, graines et noix) qui peuvent faire doubler la ration calorique et lipidique de notre bol.

Le bon ratio ?

Pour un Poke équilibré, rassasiant et peu calorique (une 500 aine de calories le bol de 350 g à la louche) il nous faudra :

¼ poisson mariné (thon, saumon, cabillaud…), ¼ féculent(riz, quinoa, blé, semoule ou pois chiches, edamame …), ¼ légumes cuits(courgettes al dente, pois gourmands, brocolis en fonction des saisons), et ¼ de légumes et/ou fruit crus ou marinés (chou, carottes, concombre, tomates, mangue, ananas …).
Vous pouvez ajouter à cela :
- soit ½ avocat
- soit ¼ d’avocat + 1 cuillère à café de graines/oléagineux (sésame, tournesol, courge, lin, noix de cajou etc)
- soit 1 cuillère à soupe de graines/ oléagineux. 

Les herbes fraîches et épices sont, comme toujours, les bienvenues et peuvent s'inviter dans vos bowls sans restriction.

Pour les veggies/vegans : le poisson cru peut être remplacé par du tofu ou du tempeh mariné ou fumé.

Je ne mets pas fin à un suspense insoutenable en vous avouant que j’en raffole (coucou le mouton de panurge). Le poke a tout pour me plaire : du goût, des saveurs exotiques, des textures qui se complètent (ça croque, ça fond, ça craque et ça pétille) des couleurs pour le plaisir des yeux. 

Comme je le dis souvent, la satiété passe par l’estomac rempli certes, mais elle est aussi nettement boostée par des sens comblés : goût pour les papilles, odeurs pour le nez, couleurs pour les yeux.
Avec un joli Poke bowl devant moi, je suis déjà à moitié rassasiée (mais tu me laisses le manger quand même merci).

Sur ce, à vos bowl, et n’hésitez pas à faire tourner vos idées d’ingrédients miracles pour des Pokaï de génie.


Besos todos